Troisième poême de mi-janvier



Pourquoi jadis, dans les fardeaux de nos javelots;

n’avions-nous ni prison ni taxation;

et pourtant, les rivières pleuraient le long de leurs mélodies;

et nous mangions, aimions, dormions,

possédant des amis;

exterminant des ennemis;

Sous le regard de toutes ses étoiles qui nous sont désormais cachées,

Par une modernité qui nous rend irrémédiablement tachés.

 

Comment se fait-il que nous ayons dégénéré autant;

Que le tueur soit vivant;

Seconde délinquance?

Seconde licence!

L’homme qui ne se discipline pas ne se disciplinera jamais même avec un million de vies;

Il est perdu en tout, mise à part la génération de fardeaux;

Générations de louveteaux;

 

Juger l’homme abaisse d’autant plus la femme;

Qui autrefois, sans doute sans choix,

Participait au bon fonctionnement de l’univers;

Sans jeux pervers ni gaspillage de « Je t’aime »

Le sexe n’a pas toujours été sans conséquence;

Sans importance;

Et nous devons toute chose en cet enfer;

d’abord à notre mère pour nous avoir mis au monde;

puis à notre mère pour ne nous avoir donné aucun frère;

« c’était trop cher »

 

La libération de la femme;

La destruction de l’âme;

Pourquoi avons-nous jetté nos yeux sur un monde si sale?

Dans lequel le serpent d’ivoire;

Dicte depuis sa tour, toutes les perfidies les plus abjectes!

N’avez-vous pas entendu?

Tinder a besoin de promouvoir tout ce qui est noir!

Au nom de cette fameuse « tolérance » de laquelle nous avons tant vécu;

Il s’agit là de l’opinion de l’ expert colossal!

L’autorité en matière d’architecture, du moins celle des sectes!

Pourriture décorée par mille et un honneurs;

Valeureux défenseur d’une multitude de spécimens d’horreur

Qui méritent la dissection;

Faible prix d’une dissertation.

 

Je regarde vers le futur;

Puis vers le passé;

Oui, la pénicilline m’a bien aidé;

Et que dire de ma mère!

Mais le poids de la vérité;

C’est celui de la rupture;

Et toute chose pesée, le balancier gît :

le meilleur monde a disparu dans la nuit.


2019-04-05 05:41:15
Renaud Olivier Chouinard