Premier poême de mi-janvier



Ne jamais croire, mais toujours espérer, dans le parterre de fleurs aux reflets ombragés;

Dans les pleurs devons nous terrasser les plus interdites frayeurs qui nous sont données;

Car le destin appelle, celui qui n’apprend que les tragédies, et galants sont les preux;

Ceux qui s’élèvent aux cieux;

Il leur ont été enlevés bien plus que le manteau, bien plus que torrents d’images et voluptés;

Stérilités embrasées sans berceaux, océans de ténèbres sans murailles, ferrailles et galeux;

Roués de coups, transcendants malheureux;

Trahis et maudis.

 

Quelle disgrâce! De devoir se voir, autour de ces ravages!

Qui ne pouvaient qu’être défendus par les sans vertu!

Quelle horreur! Tolérer le sauvage!

Qui ne pouvait qu’être défendu par les verrues!

Ils viennent et ils prennent;

Ils viennent et ils prennent;

Sans combat ni escarmouche,

Nos fusils peuplés de mouches?

Comment la femme et le castré pouvaient-ils nous trahir ainsi ?

S’agit-il ici de la malédiction du nanti ? La mission du blasé ?

Cafards maîtres d’esbroufe!

Nous ne sommes que sans alliés;

Sans force sinon la défense acharnée;

Celle de l’amer dos à la mer

 

Et les armées des ténèbres conquièrent nos terres, et nos cieux, et nos forêts,

et nos montagnes, et nos femmes, et nos rues, et nos foyers,

Pleurant les larmes d’hommes secoués par l’orgasme.

Sont-ils des hommes ? ou le miasme ?

 

Toujours croire, toujours espérer, le parterre qui réchauffe le cœur, ancestral et chéri;

Il n’y a que tragédie la déchéance de celui qui a trahi, permis l’ennemi;

Et le cœur amer doit pleurer les larmes douces d’une eau féconde au renouveau;

Cesser son ombrage, courageux mais disgracieux;

façonner son âme sous le regard des dieux.

 

Nous allons gagner, car nous voulons créer, construire, produire;

Vivre.


2019-04-05 05:39:11
Renaud Olivier Chouinard