De ma lame créa ma larme



Jamais je n’avait imaginé,

pouvoir entretenir autre sentiment,

que le désenchantement,

 

Mais elle est venue, cette énigme, cette beauté, cette flamme,

d’un Soleil qui était dame,

Détruisant,

Bouleversant,

Libérant,

mon âme de toutes ses enfances,

me rassurant,

me protégeant,

me coconant,

 

Maintenant que je contemplait mon Soleil,

Je ne pouvait plus que croire,

Plonger vers les cieux mon corps mes espoirs,

Pourtant... alors que sans doute,

Ce sentiment est acceuilli par tous et par toutes,

Unions si belles si admirables,

Hélas! J’ai eu le malheur d’être abominable,

Peureux sans pareil,

 

Jamais je n’avais espéré,

Ne serait-ce qu’un baiser,

Pourquoi suis-je sans changement?

 

Pourquoi ne me vient-il pas,

Le trépas du fracas de mon embarra?

Pourquoi ne me vient-il pas,

Le courage de toucher mon Soleil,

Immobile! Paralysé! Entre terre et ciel!

Ne ressentant plus que la gravité de mon corps,

Et la gravité de mon coeur,

Une stabilité de grand désarrois,

Pourquoi ce sol avait-il choisi d’être si loin,

Que je ne puisse plus redescendre, et oublier toute propulsion,

Les clameurs d’un coeur sans preneur,

De cette matière, j’en ai de fortes imaginations,

 

Oh! Autrefois homme d’acier,

Qui ne voulais pas en dehors de son armure son coeur exposer,

Pourquoi n’a-t-il jamais voulu pleurer,

Avant que de trouver une dulcinée?

 

Oh! Qu’il ne puisse habiter un désert,

Et soulager ainsi les maux des mirages,

Par toute cette eau qui lui fait grand dommage,

Jamais ne quittant l’intérieur de ses paupières?

 

Oh! Que ne puisse-t-il pas trouver son courage,

En cette matière sans violence ni ravage

Sinon les lamentations d’une conscience fragile,

Qui niait inlassablement son argile!

 

Le Soleil étant femme,

De ma lame créa ma larme,

Cette larme, qui était lame,

Ce drame qui était l’âme.


2018-10-31 01:38:54
Renaud Olivier Chouinard