La Grenouille fondamentale



C'est dans le croissant crumuleux que débute l'homme nordique, oisif d'espoir. Regard pénétrant. Yeux deux. Cheveux bruns. Des mains. Grenouille fondamentale. Il n'avait jamais voulu. La Tralérie en feu, la Pore en feu, l'Empire triomphant. Un mercenaire perpétuel intangible. Et ainsi se secoue une épopée.

 

La Tralérie était populeuse. Plusieures peuples de cultures parentées. Un gros cheval. Fermes technologiques vastes. Subjugation longue mais facile, grandes étendues non protégées. Inversement, subjugation la plus fausse; projection de puissance difficile. Le feu explique la rage.

 

La Pore était quelconque, sinon alliée à la Lantrie. La fourbeuse brisée dans l'honneur a pris peur de l'Empire, délaissé la Pore dans son instant de larmes sanglantes. La Pore subjugation. Vastes librairies théologiques, lourdes et sans valeur industrielle. Le feu explique la rage.

 

   Ils sont venus, unis, semant la discorde. Ils sont venus, unis, brûlant la discorde. Plusieurs morts, plusieurs mors. Ils sont venus, ils sont venus. Et l'homme nordique avec eux, les mains chaudes de braises et de sang. Tueur d'homme. Tueur de femme. Tueur de fille. Tueur de garçon. Tueur de chien. Tueur de jument. Tueur d'étalon. Tueur, tueur, galons de sangs dans ses yeux. Brûleur de textes sacrés. Brûleur de foyer. Brûleur de récoltes. Brûleur de foyer. Les mains embrasées dans la danse stridente des instructions systématiques. Hivers dans des maisons en cendres. Lèvres bleues, yeux immobiles. Estomacs sans fin. Et les amis, et les familles. Et les pleurs. Et la mort.

 

   L'homme nordique a longtemps été un instigateur de haine. Cette haine fermente pour toujours, mais l'homme nordique a cessé sont alignement avec l'Empire. Oisif d'espoir.

 

   Et dans la danse écarlate faut-il pleurer. Rien ne prépare, mais rien n'est suffisant. L'Empire doit sa mort aux larmes d'acier. Sa nature intrinsèque est celle d'un enemi, et tout allié doit être envisageable et toute lourdeur ne peut qu'exister en silence alors que les braises étouffes les gorges et font briller les yeux. Que ne fallait-il pas un allié moins sauvagement pénétrant dans la haine! Ils me regardent tous avec la même haine. Que ne puis-je sentir un maigre réconfort ou soutien dans les ténèbres. Mais le calcul toujours froid et existant ramène toujours à la raison. Pillier immuable.

 

   Et l'homme nordique met son sang dans la poignée de main sanglante infinie en chaînes, vide en amitié.


2018-09-04 00:04:12
Renaud Olivier Chouinard